Covid-19

Equipement & Services

Food & Drinks

L'actualité en bref

La Tournée des Patrons

Vertueux

Consentement d'utilisation des Cookies

J'accepte Notre site sauvegarde des traceurs textes (cookies) sur votre appareil afin de vous garantir de meilleurs contenus et à des fins de collectes statistiques.Vous pouvez désactiver l'usage des cookies en changeant les paramètres de votre navigateur. En poursuivant votre navigation sur notre site sans changer vos paramètres de navigateur vous nous accordez la permission de conserver des informations sur votre appareil. Politique de cookies

Equipement & Services

Terrasses de restaurants : une nouvelle ère

Avec la fin des mesures d'exception liées à la pandémie et l'interdiction du chauffage en terrasse, 2022 devrait marquer un tournant pour les CHR dans la manière d'exploiter leurs espaces extérieurs. État des lieux de la situation dans l'ère post-Covid.

La levée des restrictions sanitaires marque progressivement un retour à la vie normale. Et du même coup, la fin de certaines mesures d'exception, notamment celles qui concernent les terrasses éphémères et les extensions. Dès le 1er mars, la donne a changé partout en France, mais avec des applications différentes localement. Si certaines villes, comme Aix-en-Provence, ont simplement décidé de revenir aux anciennes conditions d'occupation du domaine public sans autre ajustement, de nombreuses municipalités ont entamé une révision de leur règlement d'occupation.

À Paris, la réforme des étalages et terrasses, initiée en juin dernier, tient compte des nouveaux usages découlant de cette période inédite, mais ne permettra pas pour autant l'installation de 12 000 terrasses, comme ce fut le cas en 2021.

« On pense qu'il y aura moitié moins de terrasses, projette Franck Delvau, président de l'Umih Paris Île-de-France. Nous avons négocié que les refus soient motivés pour que les exploitants puissent réviser leur dossier. » Le nouveau règlement instaure des terrasses estivales d'avril à octobre - sur le même principe que ce qu'a mis en place la ville de Nantes depuis plusieurs années -soumises à autorisation et sous réserve de respecter un cadre esthétique. Pour rappel, il ne peut y avoir ni toit, ni installation électrique, ni équipement publicitaire, ni élément fixé au sol, ni plancher, ni bois de palette, ni même de musique. De plus, ces nouvelles terrasses estivales doivent fermer à 22 h. « Il faut bien faire la différence avec les terrasses historiques qui ne sont pas soumises aux mêmes modalités », répète Franck Delvau. À Toulouse, les discussions sont en cours pour déterminer un mode de fonctionnement pérenne. Face au variant Omicron, la ville a laissé courir six mois de plus les extensions accordées, pour se laisser le temps de la réflexion, sans pour autant consentir à des exonérations. « Toutes les pistes sont sur la table avec une recherche de consensus, fait savoir la mairie. Ce pourrait être au cas par cas en fonction du secteur géographique, ou bien des modalités saison par saison. Les aspects techniques doivent être arbitrés en tenant compte de l'ensemble des problématiques. »

À La Rochelle, ces mesures de solidarité ont révélé un potentiel inexploité pour ces lieux de vie, ce qui pousse la ville à reconduire cette année encore les terrasses étendues pendant la Covid, voire à les pérenniser dans la mesure du possible, moyennant tout de même une hausse des redevances dans certains endroits stratégiques. À Strasbourg, un travail au long cours a débuté l'été dernier pour « questionner à nouveau le règlement d'occupation du domaine public qui date de 1951 en vue de le réviser, explique Pierre Ozenne, adjoint en charge des espaces publics partagés et de la voirie. Grâce à ces ateliers, nous avons pu mesurer le respect des conditions de sécurité et l'acceptabilité du voisinage. Cela nous permet aujourd'hui d'envisager le déploiement des terrasses de manière adaptée selon les quartiers de la ville ». Une politique différenciée, qui s'appuie tantôt sur le déploiement sur les fonds voisins, tantôt sur la mise en place de zones à trafic limité permettant l'exploitation de terrasses à certaines heures. L'année 2022 devrait permettre de valider l'expérimentation et l'installer sur la durée ou l'améliorer par la suite. Le scénario est donc clairement différencié selon les politiques et les enjeux locaux. Ce qui s'explique aussi par la mobilisation, désormais plus massive, des collectifs de riverains et des usagers de la voie publique. S'ils sont restés plutôt conciliants durant la période de crise, ils montent désormais au créneau pour protester contre la pérennisation de certaines « terrasses Covid ». La nécessité de concerter est donc au cœur des futures dispositions en faveur des terrasses. Si certaines villes saisissent l'opportunité de faire évoluer les pratiques, elles accompagnent généralement le nouveau règlement de contrôles plus stricts. C'est notamment le cas à Strasbourg, où les terrasses seront sous l'œil d'une brigade chargée de l'occupation du domaine public.

« Elle est attendue autant par les riverains que par les professionnels qui veulent éviter les brebis galeuses » , énonce Pierre Ozenne. Des équipes complémentaires seront notamment mises en place le soir et le week-end. « On nous a prévenus qu'il y aurait plus de contrôles, et nous ne soutiendrons pas les exploitants qui ne respecteront pas les règles », confirme Franck Delvau de l'Umih. À Paris, les sanctions seront graduelles, de l'avertissement à l'amende jusqu'au retrait de l'autorisation. Pour autant, certains verrous subsistent dans la mise en œuvre : « Pour l'instant, les maires d'arrondissement refusent de déplacer les places de livraison alors que beaucoup de terrasses éphémères étaient justement installées sur ces emplacements. »

Fin du chauffage extérieur

C'est l'arlésienne depuis le début de la crise sanitaire. Annoncée pour le printemps 2021 par la ministre de la Transition écologique dans le cadre de la loi Climat et Résilience, la fin du chauffage en terrasse a été repoussée en avril 2022 par les députés pour tenir compte de l'impact de la pandémie. Désormais, le projet de décret prend de la consistance, après avoir fait l'objet d'une concertation en février. Il entre en application le 1er avril. L'alinéa relatif aux sanctions - une amende peut aller jusqu'à 1 500 € - entrera en vigueur le 30 juin, laissant sous-entendre une certaine forme de tolérance. Pour autant, le texte acte bel et bien la fin des systèmes de chauffage et de climatisation en extérieur « consommant de l'énergie ». « A priori, la seule chose qui sera autorisée, c'est l'électrique et uniquement sur des terrasses entièrement fermées [par une jointure étanche à l'air à la paroi supérieure, NDLR]. Mais il n'y aura pas d'exception, les radiants, c'est terminé », constate Franck Delvau. Quant aux systèmes plus innovants comme ceux à infrarouge ou les poêles à granulés, apparus ces dernières années et présentés comme plus responsables, le décret reste flou. À Lyon, un arrêté a été pris en novembre 2021 pour devancer l'interdiction. La ville n'a pas tourné autour du pot, puisque « tous les types de chauffage, qu'ils soient fixes ou mobiles et quel que soit leur mode de fonctionnement » sont concernés. Tout comme à Rennes, première ville à avoir acté une interdiction à la fin de 2019 où « tout type de chauffage et dispositif de rafraîchissement et brumisation » sont bannis. Avec plus de places en terrasses l'été, mais moins de chauffage en hiver, espérons que les gérants des CHR pourront trouver l'équilibre économique dans ces nouveaux usages.

Articles connexes