Food & Drinks

L'actualité en bref

La Tournée des Patrons

Sélection Equipement & Services

Consentement d'utilisation des Cookies

J'accepte Notre site sauvegarde des traceurs textes (cookies) sur votre appareil afin de vous garantir de meilleurs contenus et à des fins de collectes statistiques.Vous pouvez désactiver l'usage des cookies en changeant les paramètres de votre navigateur. En poursuivant votre navigation sur notre site sans changer vos paramètres de navigateur vous nous accordez la permission de conserver des informations sur votre appareil. Politique de cookies

Reportage

Assises de la Ruralité | Maintenir les cafés de village, l'enjeu de demain

L'Umih a organisé ses premières assises de la ruralité à Rodez le 9 avril. Un rassemblement fort pour porter la voix des cafés qui se battent pour survivre en milieu rural. De nombreux chantiers doivent être menés pour redonner vie à ces cœurs de village.

Il suffit parfois d’une initiative qui débouche sur de grands bouleversements et pose les premières pierres d’un nouveau modèle, d’une prise de conscience et d’un vaste chantier pour faire bouger les lignes. L’Umih l’a bien compris et se mobilise pour agir et faire revivre les cafés qui maintiennent du lien social dans les campagnes françaises. Le 9 avril, le syndicat a organisé les premières assises de la ruralité à Rodez, où, aux côtés des élus, les acteurs de la filière des métiers et des industries de l’hôtellerie ont pu déterminer clairement ensemble l’état actuel des cafés en territoire rural et les pistes qui leur permettront de survivre demain dans nos campagnes. Un rassemblement comme « un acte fondateur », selon Hervé Becam, vice-président confédéral de l’Umih, qui a pour but de mettre en place « un cadre précis à proposer aux élus » pour faire avancer les choses et sauver ce « cœur battant de nos villages ». Au-delà des discussions vives et passionnées autour de l’avenir du secteur en milieu rural, Roland Héguy, président confédéral, a dévoilé devant les quelque 200 personnes présentes ses sept priorités pour « réveiller les territoires ruraux ». Un manifeste qui a pour vocation d’être présenté au président de la République, au gouvernement, aux parlementaires et aux présidents de département et de région. « Ce dossier, nous allons le porter très haut, prévient Roland Héguy, car le café dans ces villages, c'est le cœur de nos métiers, notre ADN, un rempart contre la désertification des communes. » Le président a rappelé que, sur les 36 000 communes de France, 26 000 n'ont plus de licence IV, et qu'évoquer la ruralité « ce n'est pas le quart d'heure nostalgie. Il y a un avenir pour les communes rurales. Rien n'est irréversible.

Il y a une vie dans nos bourgs, il y a une économie hors des métropoles. Nous recherchons à rebâtir un système ».

La première des sept priorités de l'Umih est la mise en place d'une commission « Ruralité & territoires », présidée par Michel Morin (ex-président du SNRTC), qui sera l'interlocuteur des élus locaux et des professionnels et suivra l'avancement des dossiers. La deuxième repose sur la volonté de favoriser la transmission des entreprises en assouplissant le dispositif des zones de revitalisation rurale, en créant une 6e catégorie d'ERP, en supprimant le tarif majoré de contribution à l'audiovisuel public et en développant un dispositif « Entreprise apprenante » pour les CHR en zone rurale.

La réintroduction des préen-seignes dérogatoires est le troisième cheval de bataille du syndicat. Quatrième point du manifeste : la meilleure gestion des licences IV qui passerait par la création d'un registre national mais aussi celle d'une nouvelle licence IV pour les communes rurales qui n'en ont plus. Le développement d'une grande politique du tourisme valorisant les territoires est souhaité par l'Umih, tout comme l'engagement des établissements pour un développement durable.

Dernier point, et pas des moindres, assurer la même couverture numérique pour tous, pour attirer et contenter la clientèle. À cœur vaillant, rien d'impossible !

« Les cafés seront des espaces de coworking »

Franck Fléchard, directeur de la communication chez France Boissons, intervenant de la table ronde « Ruralité = modernité »

Pourquoi faut-il réinventer le café dans les territoires ruraux ?

Aujourd'hui, le café en zone rurale, c'est absolument vital pour le dynamisme des communautés et des territoires, car il est le premier réseau social qui existe. Dans un café, on fédère les populations, c'est un lieu de vie, d'échange. Mais c'est un modèle à réinventer. Il faut être multiservice, mais la première démarche n'est pas d'ouvrir un relais de poste, mais de proposer une offre de restauration.

Que ce soit un café de l'arrière-pays d'Ille-et-Vilaine ou un café du Rouergue, il doit être un lieu où on peut se restaurer. Il faut également avoir un établissement qui soit attractif et moderne. La notion de qualité, d'expérience doit être là. Il faut réinventer ce modèle parce que culturellement, le café en zone rurale est indispensable, mais aussi parce qu'il est encore économiquement viable. Il est le seul commerce de proximité qui fait rester la clientèle géographiquement dans le centre-bourg.

La diversification est-elle la seule perspective d'avenir pour les cafés en zone rurale ?

La diversification est vécue par certains établissements ou par les élus comme une sorte de Graal. Cela veut dire devenir restaurateur, mais aussi relais de poste, relais de colis, épicier, en travaillant avec les acteurs locaux, et, finalement, vous êtes transformé en homme-orchestre.

On ouvre à 7 heures, on ferme à 22 heures, on doit travailler à plusieurs… Mais tout cela est compliqué. Cela représente 60 000 à 80 000 euros de chiffre d'affaires par an, mais, sur cet argent-là, il n'y a qu'une personne et demie qui se paie.

Et c'est un Smic ! Ce que nous rappelons, c'est que si le fonds de bar n'est pas rentable, on ne peut pas lancer correctement ses activités de diversification.

Faut-il aller encore plus loin ?

La diversification peut aller très loin, un café peut devenir cantine scolaire, lieu culturel, librairie… La plus naturelle reste la restauration, mais aujourd'hui il faut réfléchir à aller chercher des choses qui seront bientôt essentielles, comme les « tiers lieux », car il existe une vraie volonté de revenir à la campagne, de changer de mode de fonctionnement, il y a une vraie appétence des citadins pour cela. Si vous avez du wi-fi, les gens vont venir. Demain, il faut peut-être imaginer des établissements qui seront non seulement des lieux de consommation et de convivialité, qui sont les principes de base du café, mais aussi de travail.

Les cafés seront des espaces de coworking, parce qu'on proposera une très bonne connexion internet, parce qu'on aura besoin de sortir de son cadre personnel pour travailler. Ce seront des lieux de production.