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Calendrier de réouverture | Dettes, horizon bouché pour les discothèques : les professionnels des CHR restent inquiets

Alors que la reprise du service en terrasse est prévue le 19 mai et en salle le 9 juin, les représentants professionnels des CHR s’inquiètent que de nombreuses questions restent en suspens. Parmi elles, les dettes accumulées, une réalité compliquée dans les grandes villes et l’absence de date d’ouverture pour les discothèques.

« Le Président de la République a enfin donné la date du 19 mai, mais compte tenu du couvre-feu et des nombreux établissements dépourvus de terrasse, le vrai démarrage aura lieu le 9 juin », lance d’emblée Alain Fontaine, président de l’AMRF (Association des Maîtres Restaurateurs de France). Malgré le soulagement d’entrevoir enfin le bout du tunnel, les organisations professionnelles restent sur leur faim et demandent plus de garanties. 

Faire face au mur de dettes 

Avec une année 2020 en dents de scie et une fermeture administrative de plus de sept mois, la réalité économique des restaurateurs reste compliquée. Pour l’Umih, la période du 19 mai au 9 juin ne représente finalement qu’une « simple mise en jambe ». D’une part de nombreux établissements ne possèdent pas de terrasse et « avec un couvre-feu à 21 h, nous pouvons tirer un trait sur le service du soir », lance Franck Delvau, président de l’Umih Île-de-France. Le syndicat reste par ailleurs très attentif aux modalités de retrait des aides. « Plutôt qu’un calendrier uniforme, nous préconisons que l’arrêt des aides se fasse en proportion du retour d’activité, établissement par établissement », ajoute Hervé Bécam, vice-président de l’Umih. Pour eux, l’accompagnement de l’État doit durer à minima jusqu’à la fin de l’été.

« Je souhaite que l’accompagnement de l’État dure à minima jusqu’à la fin de l’été. »
Franck Delvau, président de l’Umih Île-de-France (Union des Métiers de l’Industrie hôtelière)


Le SDI (syndicat des Indépendants et des TPE) s’inquiète lui aussi des dettes accumulées par tous les professionnels du secteur. « Maintenant que le calendrier est là, nous demandons à l’État une vraie réactivité quant à la définition des indemnités, et non des aides, qui compenseront les pertes d’une reprise a minima », commente Marc Sanchez, son secrétaire général. Il estime par ailleurs que le « quoi qu’il en coûte » du Gouvernement n’a pas accompagné les indépendants et les petites entreprises aussi bien que les grandes. 

Mêmes craintes du côté du GNI. « Je reconnais qu’on a été soutenu et que cela a évité les défaillances que l’on pouvait craindre, mais il ne faut pas qu’on nous lâche dans les derniers instants, ce qui mettrait beaucoup de monde à genoux », estime son président Didier Chenet. Il estime par ailleurs que l’application du protocole génère mécaniquement des baisses de chiffres d’affaires, il faut donc maintenir les aides au moins jusqu’à la levée complète des mesures. « Nous essayons avec Bercy de négocier un équilibre dans le retrait progressif des quatre aides : fonds de solidarité, exonérations de charges, crédit de charges et chômage partiel. Je souhaite enfin des mesures de relance, une campagne de promotion du tourisme français dans son ensemble, une autre campagne à destination des seniors ciblée sur l’arrière-saison », ajoute-t-il. Pascal Mousset, président du GNI Île-de-France, déplore que cette réouverture s’accompagne de deux couvre-feux (21 h à partir du 19 mai et 23 h à partir du 9 juin). « C’est très contraignant parce que cela va diminuer le chiffre d’affaires que nous réalisons lors des plus belles journées de l’année », défend-il. Si on nous retire les aides trop rapidement, on va droit au casse-pipe », avertit Pascal Mousset. 

Pour Alain Fontaine, président de l’AFMR, il ne s’agit pas « d’ouvrir pour ouvrir » et d’aggraver les difficultés. « C’est une décision qui revient au chef d’entreprise. Encore faut-il que les possibilités de chômage partiel durent cet été, au moins jusqu’au mois d’octobre et jusqu’à la fin de l’année », mentionne-t-il, rappelant que dès le premier juin, les entreprises devront les congés à leurs employés restés en chômage partiel. « Pour une entreprise comme la mienne, cela représente un coût de 95 M€ avec les charges. J’en appelle à notre ministre du Travail, Élisabeth Borne, pour trouver une solution à ce gros problème. Un accompagnement est nécessaire pour atterrir. Nous sommes dans la situation d’un avion qui ne doit pas descendre trop rapidement, mais respecter des paliers de décompression », détaille-t-il. 


« Si on nous retire les aides trop rapidement, on va droit au casse-pipe. »
Pascal Mousset, président du GNI Île-de-France (Groupement National des Indépendants)

« Garantissons à notre pays la reprise d’une vie culturelle comme de loisirs, une réalité économique à porter encore pour que chacun puisse vivre de son travail »
Marc Sanchez, secrétaire général du SDI (syndicat des Indépendants et des TPE)

Absence de touristes 

L’Umih rappelle aussi la différence de situation entre la province, qui pourrait vite redémarrer, et celle de la capitale et des grandes villes de France « qui ne retrouveront pas une activité normale avant le retour de l’évènementiel et des vols internationaux », selon Hervé Bécam. Par ailleurs, l’absence de touristes étrangers risque de mettre à mal le secteur du CHR. « Il est important pour nous de favoriser le retour des touristes étrangers avec la mise en place aux frontières d’un pass sanitaire », plaide-t-il. Même son de cloche du côté du SDI. « Avec des chiffres en baisse jusqu’à - 40 %, les dirigeants restent toutefois sceptiques pour les mois qui viennent et l’absence de touristes », ajoute Marc Sanchez.

Comme le mentionne Pascal Mousset, président du GNI Île-de-France, la situation sera très différente en province, où dans une logique estivale et avec peu de départs des Français à l’étranger, les établissements retrouveront rapidement une bonne fréquentation, comme l’année passée. Dans la capitale, au contraire, les touristes étrangers ne seront pas au rendez-vous, le télétravail continuera et les Parisiens partiront en vacances. « Je pense que les hôtels et palaces de la capitale auront retenu la leçon de l’année passée et ouvriront leurs portes, dit-il. On peut espérer un timide retour de la clientèle du Moyen-Orient. L’année dernière au mois d’août, le taux d’occupation de l’hôtellerie parisienne était en chute de 80 % par rapport à la moyenne. Cette année, si nous parvenons à limiter ce reflux à 50 %, nous pourrons nous estimer heureux. » Alors que l’Île-de-France a perdu 33 millions de touristes en 2020, le GNI craint de vivre la même situation en 2021. « À partir de la mi-juillet, Paris se vide et nous n’espérons pas de reprise avant le mois de septembre. Bon nombre de nos employés demeureront en chômage partiel. C’est un peu paradoxal alors que nos collègues de la côte risquent fort de manquer de main-d’œuvre durant l’été », dénonce Pascal Mousset. 

« Nous n’espérons pas de reprise avant le mois de septembre. »
Pascal Mousset, président du GNI Île-de-France (Groupement National des Indépendants)

Quid des discothèques 

Grands absents du calendrier de reprise, les établissements de nuit n’ont aucune perspective de réouverture. « Nous sommes très inquiets pour le monde de la nuit et nous sommes déçus que le Président de la République n’ait pas pris en compte la difficulté de ce métier. Nous allons monter au créneau pour que cette situation soit éclaircie », déplore Hervé Bécam, vice-président de l’Umih.  

« Nous sommes très inquiets pour le monde de la nuit »
Hervé Bécam, vice-président de l’Umih (Union des Métiers de l’Industrie hôtelière)

Appel pour que la vaccination soit ouverte aux CHR

Enfin, l’Umih réitère son appel à ouvrir la vaccination aux professionnels du secteur. « Nous préconisons de permettre un accès prioritaire aux vaccins pour les employés du secteur touristique. C’est un moyen de sécuriser l’accueil qui se pratique déjà dans certains pays comme la Croatie », mentionne Hervé Bécam. 

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