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Profession

Ruralité | Quatre questions au président des « bistrotiers » de pays

Créé en 1993, le label Bistrot de pays fédère aujourd'hui 150 établissements qui sont au coeur du monde rural. Charles-Édouard Barbier, le président de la Fédération nationale des bistrots de pays, a accepté de répondre à nos questions. Pour lui, « il faut de l'équité entre commerçants ruraux et urbains ». Entretien.

Charles-Édouard Barbier, président de la Fédération nationale des bistrots de pays Ⓒ Oise tourisme Bruno Beusher

Comment avez-vous accueilli l'annonce de la création de licences IV ?

« La création de licences IV qui soient rattachées à la commune, non cessibles et non transférables, est une bonne mesure, qui va redynamiser les villages. Il y avait une spéculation sur les licences, puisqu'elles étaient transférables dans l'intégralité des nouvelles régions. Suite à cette mesure, leurs prix ont flambé et la tentation était grande de les céder pour les petits établissements de campagne, puisqu'ils pouvaient en tirer beaucoup plus qu'en revendant seulement leur fonds de commerce.

Quid du transfert de la compétence de fermeture administrative au maire ?

« C'est une responsabilité supplémentaire pour les maires, alors que c'est une mission de l'État qui incombe au préfet. Dans certaines localités, on risque d'avoir des divergences de point de vue et des conflits, car les maires ne sont pas forcément bienveillants à l'égard de leurs commerçants. Bien que le secrétaire d'État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne ait affirmé que l'avis du préfet prévaudrait toujours, du temps va s'écouler entre le début d'une procédure de fermeture administrative et le moment où le préfet réexaminera le dossier. Cela peut être catastrophique pour un commerçant. 

Charles-Édouard Barbier, président de la Fédération nationale des bistrots de pays Ⓒ Oise tourisme Bruno Beusher

Quelles mesures aimeriez-vous voir pour faciliter la création et le maintien des établissements ruraux ?

« Je milite pour la création d'un ERP (établissement recevant du public) de catégorie 6, pour les petits établissements ruraux accueillant jusqu'à 50 personnes. Son statut serait simplifié, avec un allègement des normes. Ces dernières pèsent entre 3 000 et 5 000 € par an dans le budget de restaurateurs qui réalisent entre 60 000 et 150 000 € de chiffre d'affaires, ce qui est énorme ! Ces dernières années, les normes se sont multipliées (plus de 50 modifications de l'environnement législatif et réglementaire 1). Elles pèsent aussi sur l'emploi du temps des restaurateurs : ils passent en moyenne quinze heures par semaine à s'acquitter de leurs tâches administratives 2. C'est une charge de travail qui décourage les éventuels repreneurs de ces établissements.

La transmission d'établissement représente-t-elle un enjeu majeur dans la profession ?

« C'est une question urgente : parmi les fédérés des Bistrots de pays, la moitié des tenanciers ont prévu de transmettre leur établissement d'ici à 2021, mais seuls 6 % 3 d'entre eux savent comment ils vont procéder. Beaucoup de gens vont partir en retraite avec des établissements qui ont besoin d'être rafraîchis et, surtout, d'être remis aux normes ! S'il faut racheter un fonds de commerce à 40 000 €, mais qu'il y a 100 000 € de mise aux normes, ce n'est déjà plus le même investissement.

NOTES
1 - 2 Chiffres extraits du livret des Assises de la restauration commerciale du 15 avril 2019.
3 Étude réalisée par la Fédération nationale des bistrots de pays sur l'ensemble de ses établissements, 2017.

La Fédération nationale des bistrots de pays en chiffres

150 établissements fédérés sur huit régions et 26 départements

Pour appartenir à la fédération, un établissement doit :

  • être situé sur une commune de moins de 2 000 habitants
  • proposer des services annexes, autant que possible (tabacs, journaux, dépôt de pain)
  • proposer une offre restauration
  • organiser des animations festives et culturelles au moins trois fois par an

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