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Covid-19 | Entrepreneurs : comment lutter contre le syndrome d'épuisement

La Covid-19 met à mal depuis plus d’un an le secteur de la restauration et impacte psychologiquement les entrepreneurs du secteur. Une étude de l’observatoire Amarok a par ailleurs mis en avant un syndrome d’épuisement des chefs d’entreprise. Deux psychologues prodiguent leurs conseils.

Crédit photo : Jean Lecourieux-Bory.

« Je suis au bout, je n’en peux plus. La Covid-19 est l’aboutissement de cinq horribles années, témoigne Frédéric Baldran, qui a repris en 2010 le Washington Poste (Paris 8e), affaire familiale depuis les années 1960, située à proximité de l’avenue des Champs-Elysées. Pendant deux ans, nous avons vécu des travaux. Puis les “Gilets jaunes”. Tous les week-ends ils brûlaient les Champs-Elysées. On se dit qu’il ne peut jamais y avoir pire, mais il arrive toujours quelque chose de pire ». Celui qui ne s’octroie plus de salaire depuis mars 2020 ressent de l’épuisement et un profond ras-le-bol : « Il y a un gros ras-le-bol, une grosse fatigue mentale. Je suis dans un état d’attente, de savoir à quelle sauce je vais être mangé ».

L’observatoire Amarok, spécialisé dans la santé physique et mentale des travailleurs non-salariés, a publié en février 2021 une étude sur l’état de santé des chefs d’entreprise. En ressort le constat d’un niveau d’épuisement professionnel élevé, lié à l’inactivité ou à l’empêchement. Olivier Torrès, président fondateur de l’observatoire et professeur à l’université de Montpellier, précise les résultats de l’enquête : « Le “burn-out” est un syndrome lié au travail. Donc nous pourrions nous dire que lorsque nous ne travaillons plus, ce syndrome disparait. Mais pas du tout. Le fait d’être à la fois coincé, c’est-à-dire ne pas pouvoir agir comme les chefs d’entreprise le veulent, créé de l’épuisement. À cela s'ajoute un sentiment d’impuissance. Nous avons appelé cela le syndrome d’empêchement ».

« Besoin d’un environnement stable »

Le sentiment de ne pas apercevoir le bout du tunnel demeure présent. « On n’a pas de vision. Pour s’adapter il faut investir. Tout a un coût, or nos finances ne nous permettent plus d’investir. Et même si nous le pouvions, nous ne savons pas quels sont nos droits. Nous avons l’impression de ne pas être considéré », déplore Frédéric Baldran, dépité. Olivier Torrès évoque ici la notion de « vigilance entrepreneuriale ». Le chef d’entreprise scrute l’environnement qui l’entoure pour trouver une idée qui se transformera en opportunité. Cependant, actuellement, « le passage de l’idée à l’opportunité s’est atrophié ». Cette absence de vision peut également impacter mentalement l’entrepreneur. « Les différents confinements créent un yo-yo. Psychiquement, le travail est interrompu sans cesse. L’individu a besoin d’un environnement stable. Et l’angoisse naît de l’absence de connaissance des choses », comme le décrit Othman Kerdjani, psychologue-clinicien et fondateur de Psy n You. Cette plateforme met en relation psychologues et patients par le biais de séances en visio ou par téléphone au tarif de 35 €. Othman Kerdjani vise ainsi à permettre au plus grand nombre de bénéficier des conseils d’un psychologue.

« Je n’ai pas droit au chômage partiel, ni à aucune aide. Je peux manger à la fin du mois parce que j’ai souscrit à un prêt garanti par l’Etat. Je continue de payer tout ce que je dois payer, comme le crédit de l’appartement », ajoute le restaurateur, pour démontrer le « deux poids deux mesures » de la situation. « Un entrepreneur n’a droit à rien », confirme Laure Chanselme, psychologue du travail spécialisée dans la santé des travailleurs non-salariés et faisant partie de l’observatoire Amarok. Celle-ci avance un sentiment d’injustice « très puissant en ce moment », qui peut engendrer plusieurs conséquences : « des troubles de l’anxiété à la dépression, au burn-out. Cela dépend de la manière dont la personne gère son stress et de la durée ».

« Se recentrer sur soi »

Face à cela, la psychologue conseille de « se recentrer sur soi. Il n’y a pas de secret : du sommeil, penser à soi et à sa famille. En général, l’entreprise devient presque une entité humaine. Il faut donc la replacer comme un outil de travail, que l’on peut remplacer en cas de perte ». Son confrère Othman Kerdjani préconise de « se fédérer », rappelant que l’être humain est un animal social. Le confinement a « coupé toute dynamique de groupe » qui sert habituellement à porter l’individu, à « créer un boost ». Le psychologue-clinicien rappelle par ailleurs l’utilité de la consultation de professionnels, comme un psychiatre ou un psychologue, « qui vont permettre de croire en ses forces ».

Une nécessité afin d’envisager plus sereinement les prochaines semaines qui s’annoncent cruciales. « Si je suis épuisé maintenant, je n’aurai pas l’énergie nécessaire lors de la réouverture », prévient Laure Chanselme. Réouverture qui pourrait venir relativement rapidement, dès la mi-mai avec les terrasses, selon les dernières annonces d’Emmanuel Macron, le 31 mars.

www.psynyou.com

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