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Profession

Ruralité | 1 001 cafés : conte ou réalité ?

Le mouvement des Gilets jaunes, illustrant la fracture sociale qui morcelle les territoires, a-t-il favorisé les mesures prises par le Gouvernement en faveur de la profession ? C'est plus que probable. En un an, les initiatives de l'ensemble des acteurs des territoires ruraux se sont accélérées et ces dernières semaines, l'exécutif s'est engagé, prouvant que les doléances des CHR et des maires avaient (enfin) été entendues.

Le 20 septembre a marqué un tournant. Au congrès national de l'Association des maires ruraux de France, Édouard Philippe a présenté aux élus les 173 mesures de l'Agenda rural retenues pour redonner de l'attractivité aux territoires ruraux. Plusieurs d'entre elles visent à y renforcer les petits commerces, avec, en ligne de mire, notamment, les restaurants et cafés. Et parmi « les freins à la création ou au maintien de commerces », Édouard Philippe pointe alors le problème des « licences IV, [qui] coûtent trop cher ». Solution ? En créer de nouvelles, non transférables, pour les villages qui n'en disposent plus. Cette annonce du Premier ministre, attendue de longue date par la profession, fait alors écho à l'appel hors normes lancé une semaine plus tôt : créer 1 000 cafés dans les villages de moins de 3 500 habitants. Ce projet, soutenu par le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales et le Commissariat général à l'égalité des territoires, émane du Groupe SOS

Si beaucoup de professionnels du CHR n'ont jamais entendu parler de cette entreprise d'intérêt général, ce n'est pas le cas du Gouvernement, ni du président de la République. Car à la tête de cette structure, on retrouve Jean-Marc Borello, membre du bureau exécutif de La République en marche et qui, dit-on, tutoie Emmanuel Macron. Alors que son groupe a été fondé il y a trente-cinq ans avec « l'ambition de lutter contre toutes les formes d'exclusion » , Jean-Marc Borello a donc cherché une réponse à apporter pour panser la fracture qui s'est révélée avec la crise des Gilets jaunes. « Le groupe SOS a une démarche d'entreprenariat social, souligne Chloé Brillon, directrice de projet. Cette idée a donc germé dans l'esprit de Jean-Marc Borello, qui entend être un acteur et pas un simple gestionnaire. » Début octobre, dans Paris Match, le dirigeant associatif annonçait donc assumer seul le risque financier de l'opération, dont il chiffre l'investissement de départ entre 150 et 200 millions d'euros. 

Un premier appel début septembre

Le projet est ainsi résumé : reprendre 1 000 cafés dans 1 000 communes rurales de moins de 3 500 habitant.e.s, qui ne disposent plus d'aucun lieu de convivialité comme un café ou dont le café est menacé de fermeture.

Pour ce faire, le Groupe SOS veut agir comme un opérateur, en créant une EURL pour chaque établissement. « Nous devons tout d'abord identifier les lieux en partant des mairies, car cela ne peut fonctionner qu'avec l'adhésion de la commune, met en avant Chloé Brillon. La deuxième phase consistera en la visite du site afin d'étudier l'opportunité d'une implantation. Puis, on lancera un recrutement parmi les candidats pour la gérance. Nous avons opté pour des binômes : un salarié et une personne qui sera mandataire-gérant. » 

Chloé Brillon, directrice de projet pour le Groupe SOS Ⓒ SOS

Le premier appel a été lancé aux maires début septembre. « Les retours sont très positifs ; nous avons reçu plus de 400 dossiers [chiffres de début novembre N.D.L.R] et ce, sans compter les demandes d'information qui nous arrivent tous les jours », s'enthousiasme Chloé Brillon. Les dossiers se classent selon trois typologies : la reprise d'un café menacé de fermeture, principalement faute de repreneur ; le café déjà fermé, mais disposant encore d'une licence IV ; et la création d'un café pour laquelle la mairie est motivée et qui fait écho à la demande des habitants.

Et ces candidatures émanent pour la plupart de communes comptant de 500 à 2 000 habitants. « Nous notons une bonne répartition sur la quasi-totalité des départements, même en Île-de-France. » Et la dynamique s'est également enclenchée auprès des particuliers. « Nous avons reçu 1 000 manifestations d'intérêt aux profils variés, du restaurateur à la personne qui veut engager une reconversion professionnelle. Pour animer ces cafés, nous n'avons pas forcément envie de privilégier des gestionnaires, mais plutôt d'identifier des personnes qui auront des compétences pour être des agents de convivialité. »

« Si nous sommes amenés à être propriétaires, nous assurerons les travaux de remise aux normes» Chloé Brillon, Groupe SOS

Car ces établissements seront des débits de boissons avec petite restauration, mais pas que. « Ils abriteront un ensemble de services de proximité : point presse, poste, dépôt de pain, épicerie, etc., et pourront déployer une programmation culturelle et citoyenne. Côté boissons, l'épineux problème de la licence IV a été réglé (voir encadré ci-dessous) : « On a contribué à dire qu'il était très important que cette mesure puisse être prise et on plaide aujourd'hui pour que ce soit le plus rapidement possible », concède la directrice de projet. Reste celui de la gestion, surtout si les binômes recrutés sont novices. « Les expériences montrent que dans ce type d'activité, les personnes seules se retrouvent souvent submergées par les tâches administratives et financières. Donc, l'ingénierie financière, la formation, les partenariats, etc. seront de notre ressort. Cette mécanique-là, on la connaît bien. La reprise d'activité est une expertise du groupe. » Et la question de la rentabilité ne semble pas l'effrayer. Il faut dire que le Groupe SOS a une certaine expérience dans le CHR, à Paris. Le café Fluctuat Nec Mergitur, place de la République, c'est lui, le café éphémère Le Scilicet sur les bords de Seine aussi, tout comme le bar La Moderne à Beaubourg, promouvant une consommation raisonnée et consciente de l'alcool. « Nous développons des activités sociales non lucratives, nous n'avons pas de dividendes à verser à des actionnaires, tranche la responsable. On va trouver les moyens de rendre viable le modèle. »

Car c'est bien sur ce point que le scepticisme gagne certains. « S'il suffit d'avoir de bonnes relations avec le président de la République pour créer 1 000 bistrots, ironise Michel Morin, président de la commission Ruralité & Territoires de l'Umih. Quand un maire est motivé, il trouve généralement des solutions pour décrocher un prêt, rouvrir le café, le moderniser… Il n'y a pas de problème. Le problème majeur est de trouver des exploitants. Car pour qu'un couple vive décemment dans un commerce de zone rurale, il faut qu'il fasse plus ou moins 100 000 euros de chiffre d'affaires. Ce n'est pas en vendant des paquets de cigarettes et des journaux qu'il y arrive… Il ne faut pas rêver, quand un commerce ferme, c'est qu'il n'a pas de clients. Il faut donc mobiliser l'ensemble des habitants ; cela ne doit pas être que le seul projet d'un maire. » 

Michel Morin, président de la commission Ruralité et territoires de l'Umih

Ce dossier mariant ruralité, tourisme et CHR, le syndicat le maîtrise. En juin, l'organisation a pris part à la formation du Parlement rural français, qui doit œuvrer à « inspirer les politiques publiques destinées aux territoires ruraux ». « Ce Parlement se veut être l'instance de réflexion, de lobbying , résume Michel Morin. Mais les analyses de l'Umih sur la question datent de 2018, lors de nos Assises de la ruralité : Roland Héguy, le premier, a parlé du “cœur battant de nos villages”. Car quand un bistrot ferme, c'est la dernière lumière du village qui s'éteint… » 

« Les CHR participent à l'animation du village, en sont une pierre angulaire, mais, à eux seuls, ils ne peuvent pas tout régler» Michel Morin, président de la commission Ruralité et Territoires de l'Umih

Parmi les priorités que s'était fixées l'Umih, il y a deux ans, plusieurs ont abouti ou sont en passe de l'être : la gestion des licences IV, le rétablissement des préenseignes*, le développement du numérique, la pérennisation du dispositif « zone de revitalisation », la simplification des règles en matière de sécurité incendie et d'accessibilité pour les ERP en milieu rural… Depuis, le syndicat a porté un autre dossier sur le devant de la scène : le tourisme comme accélérateur des territoires. « La position de Roland Héguy et de l'Umih est de dire : le tourisme, ce n'est pas que les grandes villes, reprend Michel Morin. Il faut développer le tourisme rural, mais qui ne soit pas une semaine à la ferme. C'est dire qu'il y a des richesses dans les territoires ruraux, qui ne sont pas ou mal mises en valeur ou qui sont à l'abandon. »

Preuve encore que le syndicat à l'oreille de l'exécutif, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a choisi le congrès de l'Umih pour annoncer la création d'un Comité de filière du tourisme qu'il présidera et dont il confiera la vice-présidence à Roland Héguy. Pensé pour être l'interlocuteur de tous les métiers du tourisme, il aura pour mission de mieux coordonner les actions de développement, avec pour objectif de faire gagner un point de PIB à l'économie française d'ici à 2025. « Globalement, la prise de conscience a eu lieu, il faut être optimiste », conclut Michel Morin.

*Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, a confirmé lors du congrès de l'Umih à Biarritz fin novembre la fin de l'interdiction des préenseignes à l'entrée des villes et des villages.

Licence IV : toilettage de la législation

Ça y est, l'amendement 1633 porté par le Gouvernement dans le cadre du projet de loi « Engagement et proximité » a été voté à l'Assemblée nationale, le 21 novembre. Dans les faits, cela va se traduire par la création de nouvelles licences IV dans les communes de moins de 3 500 habitants n'en disposant pas et qui ne seront pas transférables.

Deuxième point et pas des moindres, le transfert des licences déjà existantes est limité au département limitrophe. Et les licences ainsi transférées ne peuvent, pendant les huit ans suivant leur transfert, faire l'objet d'un nouveau transfert en dehors du département.

Ce qui devrait assurer la fin d'une spéculation. Enfin, la délimitation des zones protégées a été restreinte à trois zones (établissements d'enseignement, de santé et sportifs). L'Umih et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) qui ont œuvré à cette révision du Code de la santé publique annoncent déjà que d'autres travaux sont en cours, portant sur l'obligation d'affichage et la signalétique, la formation, mais aussi la création d'un portail d'administration des licences.

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